Psychologie bouddhiste et résilience

La philosophie bouddhiste

On a demandé au Dalai Lama...

« Qu'est ce qui vous surprend le plus dans l'humanité? »

Il a répondu :

« Les hommes... parce qu'ils perdent la santé à accumuler de l'argent, ensuite ils perdent de l'argent pour retrouver la santé.

Et à penser anxieusement au futur, ils oublient le présent de telle sorte qu'ils finissent par non vivre ni le présent ni le futur...

Ils vivent comme si ils n'allaient jamais mourir... et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu. »

Face au stress, à la complexité de la vie occidentale, des relations familiales, des pressions professionnelles et autres... on a parfois l’impression d’être prisonniers de notre mental et d'avoir perdu la connexion avec les besoins fondamentaux de notre corps, avec le sens de la vie... on a  la sensation de ne plus avoir d’énergie, d'être submergé-e, dépassé-e : nous cherchons tou-tes des réponses.
La méditation et la philosophie, lorsqu’elles sont reliées, peuvent mener à un véritable « mieux-être » et à un authentique « mieux vivre » et à évoluer.

La philosophie bouddhiste est surtout connue en Occident par le moyen de la méditation et du yoga. La psychologie bouddhiste n'est pas une religion : c'est un enseignement traditionnel comprenant la plupart des sciences naturelles et des sciences humaines. 

La psychologie bouddhiste  est une science interne : les méditants, les yogis utilisent leur esprit et la méditation pour s'observer,  s'analyser,  comprendre leur fonctionnement d’humain dans l'inter-dépendance avec l'univers et l'ensemble des êtres vivants. Par comparaison, les sciences occidentales sont dites externes car les scientifiques se servent de leur esprit et d'appareils de plus en plus  sophistiqués pour analyser ce qui se passe à l’extérieur d’eux-mêmes,  chez les autres, autour d'eux.

D'une façon générale, les possiblités de transformation dans la tradition indienne sur laquelle s'est développée la tradition bouddhiste, se nourrit de l'expérience personnelle de chacun sur sa propre pratique dans le but d'approfondir la compréhension de tout ce qui nous anime et cause nos émotions.

Par cette pratique, nous constatons que pour survivre, nous avons appris à développer un sens aigu de notre individualité. Utile en situation de survie, cette habitude mentale devient un handicap quand elle nous renforce dans l'idée de l'autonomie totale des êtres. Cette attitude nous coupe d'autrui, jusqu'à nous imposer un masque sous lequel nous souffrons sans mot dire. Au lieu de vivre, nous survivons, ayant  des rapports "faux" avec nous-mêmes et avec les autres et nous souffrons  intérieurement dans la société, en famille, au travail, en vieillissant...

Lorsque nous percevons la réalité sur la base de nos 5 sens physiques, c'est notre corps qui établit les limites de notre esprit : si on accroît la coopération entre notre corps et notre esprit, notre esprit se calme naturellement et notre expérience de la réalité devient plus concrète, nous nous sentons plus unifié-e.

Comme l'énergie est toujours à la base de la matière (notre corps, nos 5 sens), lorsqu'on s'occupe de notre corps, on se connecte avec l'énergie qui est au delà de la nature matérielle : ainsi, nous ne sommes plus isolé ni réduit à un seul aspect matériel, figé en l'état.

Quand nous nous identifions en tant que sujet à notre esprit, tout le reste est objet et reste figé sous une étiquette, un nom, un moment : c'est cela qui donne naissance à notre peur du processus fluide, naturel de la vie, au mouvement continu d'impermanence.

Le but de la psychologie bouddhiste est d'apporter la paix et l'harmonie entre tous les êtres sensibles, vivants dans leur ensemble (nature, animaux, humains...)  pour leur bénéfice réciproque dans un équilibre durable.

En pratique, la psychologie bouddhiste nous invite à nous prendre en charge avec nos qualités et nos défauts, à les transformer dans une dynamique positive, pour trouver à l'intérieur de nous, en profondeur, ce que nous partageons avec tous les autres êtres sensibles et la liberté d'agir, la joie d'exister... qui devraient nous être naturelles.

En thérapie, on peut utiliser des techniques de visualisation mises au point par les sages des traditions indiennes et bouddhistes, après s'être suffisamment ancré dans son corps pour connecter le mental  au physique. On  utilise aussi  l'énergie des éléments de la nature comme la Terre, l'Eau, le Feu, le Ciel, l'Espace pour se reconnecter  à des  énergies ressources, résilientes, bénéfiques.

On apprend aussi à considérer chaque élément perturbateur, chaque vulnérabilité comme un élément parmi de nombreux autres et à sortir de l'enfermement dans lequel notre esprit nous enferme... pour  retrouver une dynamique de mieux-être.

Ce cheminement est progressif et permet de passer les obstacles, d'avancer dans le sens que nous voulons trouver à notre existence.

La mort est un processus permanent relié à toute vie : la psychologie bouddhiste intègre la connaissance du processus de mort  pour atténuer  les peurs, les souffrances, les transformer, voire  les effacer en revenant aux processus naturels de la vie... 

La psychologie bouddhiste et les psychologies occidentales se complètent  et permettent de transformer des situations complexes.

La somatic experiencing

La somatic experiencing est très proche du travail de ressenti de la psychologie bouddhiste tout en intégrant la notion de traumatisme et de violence contenue .

Toutes nos expériences avant 2 ans et tous nos traumatismes sont inscrits dans notre corps et (contrairement aux animaux) s’accumulent au fil des années dans notre système nerveux central (le cerveau reptilien) : le défigement ne se fait pas par le raisonnement rationnel habituel.

« Pour dissoudre les traumatismes, nous apprenons à ressentir comment ils affectent notre corps, notre vie... quelles sont nos ressources, nos capacités pour les transformer et quels chemins nous avons à prendre pour mettre fin au cycle qui nous empêche de vivre »

La pleine conscience 

La Pleine Conscience se rapproche de la méditation et offre des méthodes douces aidant à réduire la douleur physique et à faire face à la souffrance mentale, en transformant les sentiments de souffrance, les habitudes, le stress, l’inconfort, la peur, la résistance au changement, la douleur physique et la maladie.

Mais la Pleine Conscience est aussi ce qui nous permet de vivre pleinement chaque instant de la vie, en ne séparant pas méditation et action que ce soit en respirant, en entendant un oiseau chanter, en faisant le ménage, en marchant, en voyant le soleil se lever... C'est le miracle de la vie au quotidien : apprécier chaque instant de la réalité et nous reposer dans le calme et la paix de notre nature profonde.

L’intégration du cycle de vie

L’intégration du cycle de la vie prend en compte les découvertes des neuro-sciences et la régénération naturelle des connexions neuronales quand notre esprit ne bloque pas le processus. En ce sens cette technique complète fort la somatic experiencing et  favorise la guérison des états de dissociation dont sont victimes les personnes qui ont subi des traumatismes : elle est basée sur la capacité innée d’auto-guérison du système corps-esprit : le système neuronal englobe le vécu imprégné dans le corps et s’inscrit dans les zones du cerveau droit. On rend possible ce réaménagement neuronal du cerveau et de l’esprit en  utilisant l’imagination active afin d’établir un pont entre le passé et le présent.

L’art-thérapie et le psychodrame analytique

L’art-thérapie permet de faciliter le développement des ressources créatives, expressives de la personne : le recours à l’imagination permet d’ouvrir des chemins intérieurs figés, obstrués, non développés et ainsi d’explorer le changement, les transformations...
Le psychodrame analytique permet de même avec le langage,  le jeu, l’engagement physique...
Toutes ces interactions multiples se faisant en douceur et sous forme d’improvisation, spontanément... créent des prises de conscience, des changement de direction... plus adaptés à la situation présente.